Huit questions – Pablo Neruda, Le livre des questions

 

 

XXIX.

Quelle distance en mètres ronds
sépare soleil et oranges ?

Qui donc réveille le soleil
quand il dort sur son lit brûlant ?

La terre chante-t-elle comme
un grillon dans le choeur céleste ?

La tristesse est-elle si vaste,
si ténue, la mélancolie ?

 

LIX.

 

Pourquoi suis-je né sans mystère?
Pourquoi tout seul ai-je grandi ?

Qui m’a demandé d’ébranler
les portes de mon propre orgueil ?

Qui est sorti vivre à ma place
quand je dormais ou m’alitais ?

Quel drapeau s’est déployé là
où on ne m’a pas oublié ?

 

Pablo Neruda, Le livre des questions in La rose détachée et autres poèmes, pages 173 et 203, Poésie Gallimard, 1979, trad. Claude Couffon

Les textes originaux à cette adresse : http://www.bauleros.org/librodelaspreguntaspabloneruda.html

 

Huit questions - Pablo Neruda, Le livre des questions dans Poésie

Pablo Neruda (babelio.com)

Publié dans:Poésie |on 30 août, 2015 |Pas de commentaires »

« Là où habitera l’oubli » – Luis Cernuda

 

Luis Cernuda (abc.es)

 

Là où habitera l’oubli,

Dans les vastes jardins sans aurore;

Où moi seul serai

Mémoire d’une pierre ensevelie dans les ronces

Sur laquelle le vent échappe à ses insomnies.

 

Où mon nom laissera

Le corps qu’il désigne dans les bras des siècles,

Où le désir n’existera pas.

 

Dans cette grande région où l’amour, ange terrible,

Ne cachera pas comme un acier

Dans ma poitrine son aile,

Souriant plein de grâce aérienne, tandis que croît la tempête

 

Là où prendra fin cette ardeur qui réclame un maître à son image,

Soumettant à une autre vie sa vie,

Sans autre horizon que d’autres yeux face à face.

 

Où peines et joies ne seront plus que des noms,

Ciel et terre natifs autour d’un souvenir ;

Où à la fin je demeurerai libre sans le savoir moi-même,

Dissous dans la brume, absence,

Absence légère comme une chair enfantine.

 

Là-bas, là-bas au loin,

Où habitera l’oubli.

 

                                                                                                d’après Luis Cernuda, « Donde habite el olvido » in Donde habite el olvido

(le texte original à cette adresse : http://www.poesi.as/lc32005.htm)

Publié dans:Poésie |on 16 juin, 2015 |Pas de commentaires »

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