« Ce sera l’Été – tôt ou tard. », Emily Dickinson

 

 

Ce sera l’Été — tôt ou tard.
Des Dames — avec ombrelles —
Des Messieurs flânant — avec Cannes —
Des Fillettes — avec Poupées —

Coloreront le paysage blême —
Comme un éclatant Bouquet -
Bien que le Bourg, sous du Paros -
En ce jour — soit enseveli —

Les Lilas — ployant depuis mainte année —
Balanceront leur fardeau pourpre -
Les Abeilles — ne bouderont pas le chant -
Qu’ont bourdonné — leurs Ancêtres —

L’Églantine — rougira au Marais —
L’Aster — sur la Colline
Lancera — sa mode éternelle —
La Gentiane — ses plissés —

Puis l’Été repliera son miracle —
Comme les Femmes — plient — leur Robe -
Ou les Prêtres — rangent les Symboles —
Le Sacrement — administré —

***

It will be Summer — eventually.
Ladies —- with parasols —
Sauntering Gentlemen — with Canes —
And little Girls — with Dolls —

Will tint the pallid landscape -
As ’twere a bright Boquet —
Th0’ drifted deep, in Parian —
The Village lies — today —

The Lilacs — bending many a year —
Will sway with purple load —
The Bees — will not despise the tune —
Their Forefathers — have hummed —

The Wild Rose — redden in the Bog —
The Aster — on the Hill
Her everlasting fashion — set —
And Covenant Gentians — frill —

Till Summer folds her miracle —
As Women — do — their Gown —
Or Priests — adjust the Symhols —
When Sacrement — is done —

 

 

Emily Dickinson (ohwy.com)

tmp_5aba4e4220d499984515019e4e3f3613 Claude Monet dans Poésie

Claude Monet, Coquelicots (1873)

Publié dans:Poésie |on 7 juillet, 2015 |Pas de commentaires »

« It was a quiet way » – Emily Dickinson

 

 Kaguya et Sutemaru (popsci.com)

 

Aimer un poète à la folie m’est arrivé, je crois, pour la première fois avec Emily Dickinson. Naturellement, j’étais plus jeune, bien ignorant, je ne connaissais de son destin si paradoxal : le mythe, pourtant fondé, de l’excentrique enfermée dans sa chambre et ne communiquant presque qu’au moyen de correspondances mystérieuses se heurte à la portée universelle incomparable de sa poésie, celle d’une « âme en incandescence » pour reprendre le titre d’un très bon recueil paru chez José Corti, en édition bilingue. Sa voix est âpre, son verbe tranchant mais avec la forme syncopée de la poésie à tirets, c’est surtout sa puissance d’évocation qui est époustouflante.

J’ai choisi ce poème, qui me tient particulièrement à coeur car je l’ai découvert à l’improviste, j’étais en cours, le commentaire de texte sur lequel s’appesantissait le professeur devenait assommant, je volais le feu poétique en toute discrétion, et après avoir retrouvé un poème cher de Cavafy, je tombais sur le poème qui suit, que j’ai lu et relu et aussitôt recopié de ma plus belle écriture. Je ne veux pas l’assombrir d’un commentaire que je craindrais maladroit. Simplement, le rythme de l’ascension, la plénitude de cette union -amoureuse, à ce qu’il semble, sous le signe de l’immortalité/éternité chère à ED – qui se hisse au dessus du vaste monde, et en même temps des termes très concrets, sont incroyablement touchants, et vrais. Mais encore une fois, je serais très heureux d’en discuter par la voie des commentaires : le corpus dickinsonien est immense, je suis peu au fait des travaux critiques sur son oeuvre : assurément ce poème gagne à être connu, répété, murmuré, chanté même. Je mets en regard le texte original et sa traduction, recueillie à cette adresse précieuse : paperblog.fr/3579750

 

1053.

It was a quiet Way -
He asked if I was His -
I made no answer of the Tongue,
But answer of the Eyes -

And then he bore me high
Before this mortal noise
With swiftness as of Chariots -
And distance – as of Wheels -

The World did drop away
As Counties – from the feet
Of Him that leaneth in Balloon -
Opon an Ether Street -

The Gulf behind – was not -
The Continents – were new -
Eternity – it was – before
Eternity was due -

No Seasons were – to us -
It was not Night – nor Noon —
For Sunrise -stopped opon the Place —
And fastened it – in Dawn -

**

Cela se fit en silence -
Il me demanda si j’étais Sienne -
Je ne lui fis pas réponse de Langue,
Mais réponse d’Yeux -

Alors il m’emporta dans les airs
Devant ce bruit mortel
À une vitesse comme de Chariots -
Une distance – comme de Roues -

Le Monde se détacha
Comme Comtés – des pieds
De Qui se penche d’un Ballon -
Sur une Rue d’Éther -

Le Gouffre par-derrière – n’était plus —
Les Les Continents – étaient nouveaux —
C’était – l’Éternité – avant
L’Éternité prévue -

Point de Saisons – pour nous -
Point de Nuit – ni de Midi -
Car le Soleil levant – s’arrêta en ce Lieu -
Pour le fixer – en Aube -

 amour dans Poésie

La poétesse en 1860 (babelio.com)

 

Publié dans:Poésie |on 6 mai, 2015 |Pas de commentaires »

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